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J'ai préféré laissé se tourner la page de cette période électorale singulière où la majorité des gens ont pressenti qu'une grande entourloupe se produisait, provoquant une gueule bois dont ils n'étaient pas sûr de pouvoir se remettre. Je reprend le fil de ce blog car notre avenir est toujours notre affaire personnelle et que nous risquons de tout perdre en nous abandonnant à ceux qui sont parvenus à se hisser au pouvoir ces dernières semaines.

Dans Médiapart, Martine Orange vient de publier un entretien avec Antoine Vauchez sous le titre «Le brouillage entre le public et le privé met en jeu le bon fonctionnement de la démocratie». Antoine Vauchez et Pierre France décrivent, dans leur livre Sphère publique, intérêts privés, « un nouveau système collusif » entre le public et le privé, où les hommes politiques et les hauts fonctionnaires, devenus avocats d’affaires, tiennent une place centrale. Je vous invite prendre connaissance et de cet article et de ce livre.

J'ai commenté cet article de Martine Orange et j'ai pensé pouvoir vous restituer ce commentaire pour vous donner mon point de vue sur la signification de ce genre de phénomène aujourd'hui et les leçons qu'il convient d'en retirer.

"Ceci est essentiellement un effet systémique. Sous l'ancien régime quand la monarchie, expression de l'aristocratie dominante, assurait les connivences, gratifiait les uns, éventuellement bannissait les autres, flattait les grands bourgeois et s'assurait leurs service, la collusion des affaires privées et d'éventuelles affaires plus ou moins publiques par nécessités financières s'établissait à la Cour Royale. D'où le terme de "courtisan".

Avec l'arrivée au pouvoir de la bourgeoisie et la nécessité de tenir un État qui ne se laisse aller à permettre que perdurent les anciennes pratiques au bénéfice d'une aristocratie affaiblie mais toujours en possession d'un patrimoine foncier objet de convoitises, la bourgeoisie a été contrainte de jouer "le jeu de la règle" contre les prébendes. L'affichage du principe de la concurrence réputée "honnête" et de "l'égalité", cache-sexe d'une société où la possession de l'argent permet des coups contre le droit, contraignant cependant de maintenir dans la phase ascensionnelle du capitalisme une apparence de régularité.

Avec le capital financier, tous les coups sont permis. Le système commande aux "états" par le biais des circuits monétaires. La "dette" est devenue le martinet, le "chat à neuf queues" mais, pour qu'il fonctionne, il faut que le système ait un pied dans la finance et un pied dans les "États"et pour cela les pratiques électorales ne sont pas une sécurité suffisante. Ceci n'a fait qu'empirer depuis 40 ans. Le "ni gauche-ni droite" n'est que l'habillage du "tout à droite" et pas de discussion. Macron est le Monsieur Loyal de ce cirque où il n'y a pas de place pour tout le monde.

Les électeurs désabusés qui ne comprennent pas tout ont quand même saisi cela. Il en faudra davantage pour foutre le cirque par terre. C'est pas le moment que ceux qui semblent y comprendre un peu quelque chose se mettent à bouder dans leur coin comme des enfants gâtés."