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Avant de regarder cette vidéo, je vous propose de lire le petit commentaire qu'il m'a semblé utile de produire pour montrer comment, même dans notre circonscription on peut expliquer le vote FN.

Jean Le Duff

 

 

A mon avis on ne comprend rien aux causes de l'augmentation du vote FN si on n'analyse pas l'évolution des processus de production capitalistes depuis 40 ans et si  on ne comprend pas que la rigueur, l'inflexibilité des règles et directives de la financiarisation de l'économie on pour conséquence une marginalisation accentuée de parts croissantes de la population.

Dans le secteur rural où je me trouve, le FN plafonne à des niveaux encore relativement bas mais plus élevé que dans les localités centres. Cependant, la population qui y vit observe une régression des services publics. Qu'elle soit ouvrière ou paysanne, ses revenus sont bas. Ses enfants disposent d'un cadre culturel qui les prépare moins bien à affronter les parcours de formation susceptibles de les aider à accéder aux parcours de vie les plus favorables. Ces territoires sont souvent pauvres en services sanitaires et sociaux. Le tissus d'activités est peu dense et les échanges sociaux plus réduits et plus pauvres.

Ce phénomène s'élargit. De plus avant la fin des années 1970, dans la population salariée mais surtout ouvrière, la combativité était un facteur d'émancipation. Sous l'effet de la lutte anticommuniste dont un des objectifs était de dénigrer la lutte de classes au profit de la collaboration de classes, la combativité s'est émoussée et particulièrement dans de telles zones écartées et mal équipées. Entre temps les emplois industriels ont régressé de 28% à 13% et le chômage s'est développé. On peut affirmé que c'est le recul de l'influence du PCF qui a accru la désespérance dans ces populations et qui les conduits à se tourner vers les préconisations simplistes et xénophobes du FN.

Le PCF était peu influen dans cette circonscription pour des raisons qui tiennent essentiellement à son histoire, mais le fait qu'il pouvai être très influent ailleurs n'était pas sans effet sur la situation des travailleurs de nos campagnes et de nos bourgs. Ce qui était acquis quelque part avait aussi des répercutions chez nous.